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Alors que les listes de vœux pour les cadeaux du Père Noël se clôturent aujourd’hui, certains, qui n’y croient plus depuis longtemps se préparent à pointer leur To Do Liste, se souhaitant de pouvoir en cocher un ou plusieurs éléments au grès de leurs ambitions. En effet, c’est le plus souvent en pénétrant dans la zone Aroundfifties que l’on réalise que le temps nous est alors compté pour réaliser certains de nos projets les plus chers.

Alors, enfin conscient du compte à rebours qui pourtant, depuis notre naissance, égrène les jours qui nous relie à notre mort, certains établissent une liste des choses qu’ils souhaitent réaliser avant de l’atteindre, ou tout au moins avant de ne plus avoir les facultés pour les faire.

Quelques-uns vont se lancer un défi leur permettant de se dépasser, d’autres iront plutôt chercher leur quête en rêvant d’aller vers des destinations lointaines. Rare seront ceux qui iront explorer au fond de même, et réaliser l’introspection leur permettant finalement de donner un sens à leur vie.

C’est ce que je vous souhaite pour l’année qui s’en vient.

Joyeux Noël et Bonne Année.

Matt King

À l’âge de l’adolescence, nombre de ceux qui ont pénétrés aujourd’hui dans la zone Aroundfifties reprochaient sans doute à leurs géniteurs leur inaction face aux iniquités de notre monde. À cet âge où les aspirations idéalistes ne s’étaient pas encore frottées à la réalité de notre monde, le plus souvent d’ailleurs grâce à nos parents, la révolte était facile.

Aujourd’hui notre qualité de vie n’a jamais été aussi bonne ( https://aroundfifties.wordpress.com/2017/03/25/les-jours-heureux/ ). C’est sans doute pour cela que la capacité d’indignation de nos enfants ne s’exprime plus que lorsque le Wifi leur est inaccessible..

Pourtant une sourde menace plane sur nos vies. À moins que ce ne soit nous qui y soyons sourd. Car cette menace s’étale pourtant sous nos yeux, sur nos petits écrans maintenant devenus grands :

Le monde selon Monsanto ( https://youtu.be/cVngG592xKU )

Coton, l’envers de nos tee-shirts ( https://youtu.be/_8dwxQGMgBw )

Les constructeurs automobiles nous enfument-ils ? ( https://youtu.be/SdlQnhevzNg )

Travail, ton univers impitoyable ( https://youtu.be/s5uHC6TN2wo )

Sucre, comment l’industrie vous rend accros ( https://youtu.be/Rja_Riy_90M )

Paradis fiscaux le casse du siècle ( https://youtu.be/L3ZIO-mBxfE )

En 2003, Joël Bakan a développé une thèse passionnante dans son livre intitulé The Corporation. Livre dont est tiré un documentaire tout aussi captivant et que vous pouvez découvrir ici : https://youtu.be/0ZmQ-YL63fM .

Il prétend que la Société Anonyme est psychopathe par nature. Les exemples ci-dessus en sont la démonstration flagrante.

Si la médecine fait d’étonnantes avancés dans le traitement des maladies psychiatriques, on peut douter qu’elle arrive à soigner ce type de patients. Seul les États ont la capacité de s’attaquer à eux. Et aujourd’hui on peut en douter : Multinationals contre États, la loi du plus fort ( https://youtu.be/fLFOeJa8p8w ) !

Matt King

PS

Notez bien que vous pouvez visionner tous ces documents grâce à Google. Et que vous avez pu lire ce billet très probablement grâce à Facebook. Alors ne manquez pas ce dernier reportage : https://youtu.be/JVSHr3bBqG4 .

Selon Xanthe Mallett, maître de conférences en criminologie à l’Université de médecine légale de Nouvelle-Angleterre, les troubles des psychopathes s’observeraient particulièrement chez les personnes au rang social élevé, exemple de réussite dans notre société : «Ils sont souvent impitoyables, cyniques et superficiellement charmants, tout en ayant peu ou aucune considération pour les sentiments ou les besoins des autres».

Vous courrez, hors d’haleine, derrière la bicyclette de votre enfant. Vous lâchez fébrilement la selle et il implore que vous restiez à ses côtés. Puis, prenant de l’assurance, vous le voyez s’éloigner sur sa machine… Vous ne le savez pas encore, mais même si la piste est encore longue, et qu’il lui manque encore des ailes, elle le mènera vers son inéluctable envol. Et vous, à peine remis de votre course effrénée, devrait déjà acheter un nouveau vélo à la taille de votre bambin devenu trop grand.

Le souvenir que Maman et Papa ont de ces moments fugaces évoque souvent la perte de l’innocence de leur chérubin.

Mais cette innocence est un mythe édifié par des parents encore éblouis d’avoir engendré la huitième merveille du monde (cf

: https://aroundfifties.wordpress.com/?s=Mentent ). Et alors que ceux~ci assistent, jour après jour, à l’édification d’une nouvelle personnalité, certains de leurs rêves et illusions s’effondrent, emportées par la génétique qui forgent le caractère et le physique de leur rejeton.

Mais si, en dehors des épanchements hormonales parentales visant à protéger l’enfant des exaspérations passagères de ses propres géniteurs, ceux~ci se révèlent si patients à son égard, c’est sans doutes parce qu’il leurs permet de replonger dans leur propre jeunesse, et de revivre ainsi leurs propres désirs, leurs contradictions et leurs rêves qui, il faut bien le dire ont rarement été atteint.

« Les hommes sont conscients de leurs désirs mais ignorants des causes qui les déterminent. »

Cette citation de Spinoza prend alors tout son sens lorsque nous voyons éclore la personnalité de notre progéniture, et constatons parfois à quel point son comportement lui échappe. Nous devrions alors nous servir de nos réminiscences afin de guider nos enfants à construire leurs personnalités, et les protéger de leurs travers qui parfois nous ont tant limités.

Il faut un énorme courage puisque cela nous ramène aux causes de nos propres insuffisances. Mais si ce courage ne nous ait pas génétiquement programmé, il ne nous reste que dans l’exemple de nos parents pour aller puiser les ressources nécessaires à l’édification de la vie de nos enfants…

Matt King

Nous avons déjà eu l’occasion de parler plusieurs fois dans ces colonnes du caractère ambivalent exprimé par les enfants ( https://aroundfifties.wordpress.com/2017/04/09/memoire-selective-2/ ) et de l’influence néfaste que leurs parents exercent sur eux ( https://aroundfifties.wordpress.com/2013/06/11/lorsque-lenfant-est-apparu/ ). C’est un des privilèges d’être parents que d’assister à ce phénomène.

Cette préoccupation s’estompe généralement une fois atteint les frontières de la zone Aroundfifties. En effet l’influence que vous pouvez avoir sur vos rejetons diminue considérablement lorsqu’ils quittent le nid, si tant est qu’elle ait réussi à persister à l’adolescence. Pourtant, la perspective que votre progéniture répète les mêmes erreurs envers ses propres enfants que vous vous ne l’avez fait envers les votres ne devrait pas relâcher votre vigilance à ce sujet. 

À la pré-adolescence l’enfant exprime encore cette dualité entre le bien et le mal, le bon sens et l’irrationalité, et il semblerait que l’adolescence soit une période charnière d’où il en ressortira une belle personne.. ou une moins belle. Nous aurons l’occasion d’y revenir puisque, avec optimisme, je vais aborder cet âge avec les miens.

Optimiste, car à la veille de vivre cette période cruciale, alors qu’ils traversent une période bouleversée de leur vie familiale, ils démontrent  un sens de l’observation et de la réflexion que bien des personnes, une fois adulte, ne sont plus capables d’exercer. C’est à chaque parent de veiller à préserver ce potentiel afin de préparer un monde meilleur à ses enfants.

Matt King

La lecture de ce titre n’a-t-il pas évoqué en vous une fugace évocation du passé ?

Il semblerait que les souvenirs que l’on a du passé s’embellissent au fil des années, et qu’en comparaison à aujourd’hui les moments que l’on y a vécu y soient plus doux. Mais c’est une perception déformée par notre mémoire qui nous jouent des tours, et sa capacité à ne retenir le plus souvent que les éléments agréables de nos souvenirs ( https://aroundfifties.wordpress.com/2016/12/06/memoire-selective/ ). Si cet artefact nous permet d’atténuer les malheurs inévitables qui se produisent au cours d’une vie et renforce notre capacité de résilience, il laisse aussi bien souvent un goût d’amertume. Car ces réminiscences insouciantes font apparaître nos préoccupations quotidiennes sous un nouveau jour. C’est le syndrome du « C’était mieux avant », ou pire, maintenant rendu dans la zone Aroundfifties, du « C’était le bon temps ! »

Ainsi, comme beaucoup, vous pensez sans doute que notre monde va à vau-l’eau, et que nous courrons à notre perte. Pourtant, à en croire Johan Norbert, auteur de « Progress » ( http://fr.optimistan.org/2016/11/johan-norberg-on-croit-plus-aux-fantomes-qu-au-progres/ ) il ne s’est jamais aussi bien porté. Certes, idéologiquement certains émettrons sans doute une réserve sur ce qui est un plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, mais il n’en reste pas moins que les chiffres avancés ne sont pas contestables. Et nous, et notre planète, ne nous sommes jamais aussi bien portés. Qu’ils s’agissent de l’espérance de vie, de la pauvreté, de la famine, de la pollution, de la démocratie et de la justice.

Seulement voilà, nous parlons de bienfaits matériels, et non spirituels. Et ces bienfaits matériels n’ont pas étaient équitablement redistribués lors de cette mondialisation, pas plus qu’ils ne l’étaient avant faut il le rappeler. Mais comme chacun sait, l’argent ne fait pas le bonheur. Cela à même était prouvé scientifiquement par Mihaly Csikszentmihalyi (déjà évoqué dans ces pages https://aroundfifties.wordpress.com/2013/03/06/apogee/ ). 

Au delà de l’effet mémoire, d’autres phénomènes engendrés par l’évolution de notre civilisation expliquent aussi cette perception altérée de la qualité de notre vie présente.

– les moyens de communications quasi instantanés et universels. On ne peut plus rien ignorer, et aucun recul n’est donné sur l’information afin de la mettre en perspective. La concurrence au sensationnalisme des médias ne faisant qu’amplifier ce sentiment d’insécurité né du contraste entre la violence des événements rapportés et notre quotidien douillet et confortable.

– le progrès scientifique qui paradoxalement, s’il prolonge notre espérance vie dans un environnement plus sain, sécuritaire, pratique et agréable, nous éloigne d’une quête spirituelle anesthésiant nos peines quotidiennes.

– L’évolution des progrès techniques qui, faisant évoluer notre environnement si rapidement au cours de ce dernier siècle, insécurise toutes les générations en présence.

Pourtant, au vu de notre évolution, ne pouvons nous pas faire confiance en notre capacité d’adaptation ? On peut le croire, alors n’attendons pas demain pour profiter dès aujourd’hui des jours heureux.

Matt King


Si vous habitez au Québec, la publicité de cette charmante maison de retraite (Résidence pour Aînés comme l’on dit ici) n’a pas du manquer de vous interpeller, en tout cas l’écho qui en a été faite sur les réseaux sociaux. Mais en plein débat sur l’aide médicale à mourir, et le refus qui a été signifié à certaines personnes, atteintes d’Alzheimer, d’abréger leurs souffrances, ce qui a été pris comme une publicité maladroite n’est peut être en fait qu’une invitation subtile à leur égard, engendrée par un entrepreneur retors.

S’il est encore un peu tôt pour les résidants de la zone Aroundfifties de profiter de cette offre alléchante, il n’en reste pas moins que la question du troisième âge se pose déjà par le fait qu’elle atteint directement leurs parents. Et le sujet ne peut que nous interpeller alors que notre vie progresse irrémédiablement vers son issue fatale. Alors que nous croyons (illusoirement) être enfin débarrassé de toute responsabilité parentale, nos enfants se décidant à quitter le foyer pour voler de leurs propres ailes, c’est maintenant nos propres parents que nous devons aider, et parfois même prendre en charge. Et s’il leur arrive de se conduire en enfants terribles, non seulement nous n’aurons pas plus d’autorité que nous n’en avions avec nos enfants, mais en plus nous n’aurons pas la légitimité pour les ramener à la raison. Et cela même alors que nous devenons les parents de nos parents. Un nouveau cycle commence. Il s’achèvera avec nos enfants, lorsque nous serons nous même à la porte d’une de ces Résidences prête à nous accueillir avec tant de ferveur.

Matt King

La chute (suite)

Publié: 19/02/2017 dans Aroundfifties Génération

Mieux que mille mots, mais avec le talent de Quino…