Paradoxes fiscaux

Publié: 20/01/2018 dans Idées reçues, Pas content !, Toujours plus !, Un peu de bon sens, Uncategorized

Le gouvernement de l’Ontario a décidé de relever son salaire minimum de près de 30 % sur un an. C’est assurément une bonne nouvelle pour les salariés de cette province du Canada. Peut être même pour les entreprises elles-même qui pourraient avoir moins de mal à recruter. En effet, le pays se trouvant en pleine emploi, beaucoup d’offres se retrouvent non pourvues. Les canadiens des autres provinces qui ne craignent pas la mobilité pourraient être attirés par les offres de travail en Ontario si ils savent qu’ils y seront mieux payés. Il est sûr aussi que même si les prix vont probablement augmenter, la part de la main d’œuvre d’un produit manufacturé ou d’un service ne représentant qu’une fraction plus ou moins importante du coût du produit final, l’augmentation des prix sera moins élevée que celle des salaires. Cela constituera donc une réelle augmentation du pouvoir d’achat.

Pourtant, certaines entreprises risquent alors d’accélérer (car il est vrai qu’elles le feront inéluctablement) leur modernisation, c’est à dire aussi leur automatisation. Et celles qui n’en auront pas les moyens, sans doute les plus petites, disparaîtront. Voilà donc une décision qui pourrait avantager les plus grandes entreprises. D’autant plus que beaucoup de celles-ci paient leurs employés au dessus du salaire minimum.

L’état canadien a renoncé à encaisser 700 millions de taxes de vente de publicités passées sur Google et Facebook ( http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201801/15/01-5150124-publicites-sur-facebook-et-google-le-canada-prive-de-plus-de-700-millions.php) ). 700 millions qui ne serviront pas à réduire la pauvreté, à améliorer la santé ou l’éducation des canadiens. Somme toute, ce qui devrait être la priorité de tout Gouvernement démocratique. Pour justifier la position du gouvernement à renoncer à taxer les services vendus sur le territoire canadien par des entreprises basées à l’étranger, un porte-parole du ministère des Finances a affirmé que les ventes d’une entreprise à une autre «ne produisent pas de revenus pour l’État et ne posent pas de problèmes de compétitivité, puisque toute TPS/TVH [taxe de vente harmonisée] à payer donne généralement droit à des crédits de taxe sur les intrants». Il est vrai que c’est le citoyen qui paie ces taxes imposées au consommateur final. Doit on alors remercier le Gouvernement de ne pas les appliquer ? Comme il le fait avec l’abonnement de Netflix, puisque l’entreprise n’est pas sur le sol canadien. Après tout, la raison donnée dans ce cas est de ne pas gruger le pouvoir d’achat des citoyens !

Pourtant l’état impose ces taxes à ces mêmes concitoyens, lorsque le service est rendu par une firme située au Canada, employants des travailleurs canadiens.

Pendant ce temps, Donald Trump a tenu une de ses promesses électorales. Les entreprises américaines seront moins imposées et pourront rapatrier les bénéfices qu’elles ont réalisés à l’étranger sans être pénalisées. Et les résultats ne ce sont pas fait attendre. Apple va rapatrier ses milliards au pays. Une bonne nouvelle pour l’économie américaine.

Pourtant, si les lois qui ont permis de mettre ces profils à l’abris du fisc n’existaient pas, ces réductions d’impôts accordées aux entreprises auraient pu servir à réduire les inégalités au sein de la population des États-Unis, puisqu’ils sont des États démocratiques.

Matt King

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