Archives de novembre, 2017

La dissonance cognitive est un mécanisme psychologique merveilleux qui permet à une personne qui agirait en désaccord avec ses croyances, de réduire l’inconfort psychologique qu’il éprouve alors, en les modifiant.

Une personne peut agir contre ses convictions ou ses sentiments afin de privilégier une situation qui lui permet de maintenir sa zone de confort ou ses intérêts. Que ce soit par cupidité ou par manque de courage, elle aura besoin de justifier alors, et d’abord à elle-même, sa décision pour réduire la tension inconfortable générée par ses propres contradictions. Et si modifier ses croyances ne lui suffit pas, elle ira même jusqu’à biaiser la réalité.

Cette capacité d’adaptation psychologique n’est pas infaillible, les psychologues en profitent bien d’ailleurs, mais elle nous permet de vivre dans une certaine quiétude. Pourtant c’est à cause d’elle que nous renonçons aussi facilement à nos idéaux.

Dommage !

Matt King

Il y a un sentiment jubilatoire à voir les puissants de ce monde, les patrons de grandes multinationales, lorsqu’on les confronte aux petits arrangements qu’ils se permettent de faire avec les lois fiscales. Ainsi Eric Trappier, patron de Dassault Aviation prise à parti par Élise Lucet dans le dernier numéro de Cash Investigation ( Cash investigation : https://youtu.be/GHuMcxLtghY ). Sentiment d’allégresse immédiatement teinté d’une certaine morosité lorsque l’on songe à toutes ces vies qui auraient pu être améliorées, et sauvées, avec cet argent qui échappe à l’imposition pour aller se réfugier dans les paradis fiscaux.

C’est aussi à cette occasion que l’on remarque toute la virtuosité de nos hommes politiques. L’art de nier l’évidence ne s’improvise pas, et nos hommes d’affaires ont encore beaucoup à apprendre sur le sujet comme nous l’avait brillamment démontré Monsieur Fillion ( https://aroundfifties.wordpress.com/2017/02/05/le-pot-de-confiture/ ).

Bien ! Les grands de ce monde, particuliers et entreprises, pratiquent donc de petits arrangements avec les lois, quand elles ne sont pas justement taillées sur mesure pour leurs permettre d’y passer à travers ! Après tout quoi de plus normal. Les petits fraudes aussi, alors pourquoi pas les gros ! En effet, qui n’a pas connu un voisin qui n’a pas déclaré l’agrandissement de sa maison, un entrepreneur qui part à son chalet le week-end en brûlant l’essence payée par sa société, ou même un membre de sa famille qui a réglé des travaux en liquide pour ne pas avoir à payer les taxes de vente. Et vous même, même si vous n’avez pas osé franchir le pas, avouez que c’est parce que vous n’en avez pas encore eu l’occasion. Alors pourquoi aller reprocher ces fautes aux grands, et riches de ce monde ? Pur jalousie !

C’est bien ce que doivent d’ailleurs penser nos politiciens qui, s’ils ne cessent à chaque scandale, de s’indigner de la situation, ne prennent toujours pas les moyens radicaux pour l’éradiquer.

La vie est un éternel recommencement.

Matt King

PS

Un grand merci à Monsieur X, dont personne ne parle, mais qui a pris le risque de dévoiler ces Paradis Papers. Heureusement que certains croient encore pouvoir changer le monde.

Aujourd’hui est jour d’élections municipales au Québec.

C’est là l’occasion de découvrir que le citoyen français, pays qui compte plus de 36000 communes, n’a pas le monopole de ses discussions enflammées, ses luttes intestines et son esprit de clocher. Dans la Belle Province, il y a à peine plus de 10 ans, certaines villes qui avaient fusionnées 5 ans auparavant, dans un souci rationnel et pragmatique caractéristique des habitants d’Amérique du Nord, se sont séparées à nouveau. C’est ce que les citoyens de l’époque avaient décidé pour une petite ville bourgeoise de la banlieue de Montréal.

Peuplée aujourd’hui de 22000 âmes, cette commune ne compte pas moins de 6 candidats, dont l’ancien maire, et 3 anciens conseillers municipaux. Ce qui démontre indubitablement le manque de cohésion de l’équipe municipale sortante. Le résultat est à l’avenant pour les postes de conseillers municipaux qui ne compte pas moins de 20 prétendant pour 8 districts.

Il est dur de croire à l’abnégation de nos hommes politiques. Les affaires de scandales en impliquant sont innombrables, et ceux sur la totalité de la surface du globe. Et si il est vrai que dans une ville aussi petite, les membres du conseil municipal ne peuvent vivre des faibles revenus qu’ils tirent de leur charge, cela n’en reste pas moins des politiciens, au sens fondamental et étymologique du terme.

Alors qu’elles sont les motivations de ces femmes et ces hommes de vouloir briguer de tels postes, pourtant indispensables à nos démocraties ? Pour passer autant de temps {et dépenser autant d’argent) à essayer de convaincre des électeurs possédant chacun leur propre vérité sur des sujets aussi triviaux que le ramassage des ordures, le déneigement des trottoirs, ou le nombre de place de parking nécessaire pour contenter les membres du club de hockey local ?

Comme tout à chacun, je ne veux pas m’occuper de ces questions, mais je me défie des gens qui proposent de le faire à ma place. Je ne suis pas seul puisque moins d’un citoyen sur deux se rend aux urnes à cette occasion. Pourtant ne pas voter c’est laisser les autres décider à notre place. C’est la mort de la démocratie.

Alors votons !… mais pour qui ?

Matt King