Les réactions des artistes et/ou hommes d’affaires aux accusations d’harcèlements sexuels portées contre eux dernièrement ont été particulièrement rapides, et ceux-ci, sans en reconnaître forcément le bien fondé, ont eu la décence de démissionner immédiatement de leurs fonctions managériales. Ce mot, décence, peut pourtant sembler bien paradoxale face aux faits qui leurs sont reprochés. Est-ce à dire que ces hommes auraient plus d’amour propre que certains de nos politiques qui, comme on l’a vu (cf https://aroundfifties.wordpress.com/2017/02/05/le-pot-de-confiture/ ) , on une faculté bien particulière de nier ou d’interpréter la réalité ?

Si leurs démissions peut ressembler à un aveu qui est le premier pas vers la repentance, on peut toutefois douter de la sincérité aussi rapide de celle-ci. Même pour l’animateur Eric Salvail, qui a reconnu la réalité de son comportement pour le moins inapproprié selon ses propres termes. Car il faudra sans doute beaucoup de temps pour que ces Messieurs, ivres de leurs pouvoirs, puissent dégriser et reconnaître leurs victimes à l’égal d’eux mêmes.

Non, en fait, contrairement aux politiques, le pouvoir de ces hommes est issu de leur talent et des entreprises qu’ils ont créés… et qui leurs appartiennent. Or le scandale dont ils sont l’objet rejaillit irrémédiablement sur celles-ci, mettant alors en péril leurs existences. Et par la même le patrimoine de ces Messieurs. Alors les déclarations qu’ils ont pu faire quand à la protection des emplois des salariés de leurs entreprises restent en droite ligne de la conduite qu’ils ont pu avoir avec certains d’entre eux, indécentes.

Kevin Smith est un cinéaste dont les films ont été produits par Harvey Weinstein. Alors qu’il n’est nullement mêlé à ces affaires de mœurs, mais parce qu’il a profité de son argent, et que des gens avaient souffert (indirectement) par sa faute, il va reverser les redevances de ses films produits avec l’homme d’affaire à une association caritative en faveur des femmes victimes ( http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18668082.html ). Alors que Kevin Smith ne savait rien, ou peut être plutôt comme beaucoup de gens dans son milieu, il ne voulait rien savoir. C’est un geste admirable dont d’autres cinéastes plus connus pourraient s’inspirer.

Et l’on pourrait de même alors suggérer aux accusés, richissimes par ailleurs, de céder gracieusement leurs entreprises à leurs salariés, qui ont sans doute été les premières de leurs nombreuses proies, et à des associations défendants les victimes d’abus similaires à ceux qu’ils ont perpétrés durant si longtemps. Cela ne serait-il pas un beau début de rédemption ?

Matt King

PS

Un article paru dans le très bon blog de Maître Mo (dont les publications se font aujourd’hui trop rares) rappelle aussi qu’il ne faut pas, malgré tout, oublier la présomptions d’innocence : http://maitremo.fr/les-deux-costauds/

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