Archives de février, 2017


Si vous habitez au Québec, la publicité de cette charmante maison de retraite (Résidence pour Aînés comme l’on dit ici) n’a pas du manquer de vous interpeller, en tout cas l’écho qui en a été faite sur les réseaux sociaux. Mais en plein débat sur l’aide médicale à mourir, et le refus qui a été signifié à certaines personnes, atteintes d’Alzheimer, d’abréger leurs souffrances, ce qui a été pris comme une publicité maladroite n’est peut être en fait qu’une invitation subtile à leur égard, engendrée par un entrepreneur retors.

S’il est encore un peu tôt pour les résidants de la zone Aroundfifties de profiter de cette offre alléchante, il n’en reste pas moins que la question du troisième âge se pose déjà par le fait qu’elle atteint directement leurs parents. Et le sujet ne peut que nous interpeller alors que notre vie progresse irrémédiablement vers son issue fatale. Alors que nous croyons (illusoirement) être enfin débarrassé de toute responsabilité parentale, nos enfants se décidant à quitter le foyer pour voler de leurs propres ailes, c’est maintenant nos propres parents que nous devons aider, et parfois même prendre en charge. Et s’il leur arrive de se conduire en enfants terribles, non seulement nous n’aurons pas plus d’autorité que nous n’en avions avec nos enfants, mais en plus nous n’aurons pas la légitimité pour les ramener à la raison. Et cela même alors que nous devenons les parents de nos parents. Un nouveau cycle commence. Il s’achèvera avec nos enfants, lorsque nous serons nous même à la porte d’une de ces Résidences prête à nous accueillir avec tant de ferveur.

Matt King

La chute (suite)

Publié: 19/02/2017 dans Aroundfifties Génération

Mieux que mille mots, mais avec le talent de Quino…

Si l’image du sauteur à la perche convient à la symbolique de la zone Aroundfifties, elle semble moins pertinente quant à la perception que l’on peut avoir du temps qui passe dans une vie.

En effet, la phase ascendante d’un sauteur démarre avec une forte accélération, puis une vitesse allant décroissante jusqu’à devenir nulle au passage de la barre, pour accélérer de nouveau ensuite, en sens inverse. Alors qu’au contraire, il semblerait qu’au début de notre vie le temps semble s’écouler lentement, souvent trop lentement. Si l’enfant qui joue, absorbé dans sa tâche, n’a pas la perception de l’écoulement du temps, il arrive vite à un âge où ces moments vont s’espacer. Il attendra avec impatience la fête organisée pour son anniversaire (l’inconscient !), les prochaines vacances scolaires, les premiers signes de sa puberté, l’âge pour passer son permis de conduire… Tous ces moments d’expectative qui semblent ralentir le temps.

Pourtant, arrivé au sommet de la barre, la sauteur de la zone Aroundfifties a lui l’impression que sa vitesse n’a fait que s’accélèrer, et qu’elle s’emballera irrémédiablement dans sa chute. Un peu comme si, sur une autoroute la nuit, les lampadaires qui éclairaient votre chemin se trouvaient de plus en plus proches l’un de l’autre, ou que vous accélériez de manière continue, sans stabiliser votre vitesse. Les plus anciens songeront aux platanes, plantés alors le long des routes, et qui cachaient le soleil de par leur ombre projetée sur la route. L’effet syncopé du soleil, ou de la lumière des lampadaires, en s’accélérant, produisant un effet hypnotique pouvant provoquer chez les plus pessimistes une sensation de sidération à voir ainsi le temps s’écouler irrémédiablement.

Il reste à expliquer tout de même un étrange paradoxe. Si le bonheur est de s’absorber dans une tâche (ce que Mihaly CSIKSZENTMIHALYI, l’auteur de la psychologie du bonheur appelle le flowhttp://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Bonheur/Livres/Vivre-la-psychologie-du-bonheur – pourquoi, alors que le temps a absorbé si goulûment notre vie, n’avons nous pas plus souvent cette sensation de félicité ?

La tenue hebdomadaire de ce blog participe parfois pour son auteur à cet effet de sidération. Effet doublé en plus de l’angoisse de la page blanche. Heureusement pour cette semaine cette angoisse vient de se dissiper.
Matt King

Les enfants vous mentent, mentez leurs !

C’est le slogan adopté dans une campagne publicitaire actuellement diffusée au Québec par une marque alimentaire, sous prétexte de faire manger des légumes à nos jeunes enfants. Si l’intérêt pédagogique de la chose peut sembler discutable, il n’en reste pas moins que cette publicité peut nous amèner à s’interroger (une nouvelle fois, cf: https://aroundfifties.wordpress.com/2013/06/11/lorsque-lenfant-est-apparu/ ) sur le sens moral de nos chères petites têtes blondes.

En tout cas force est de constater que l’éthique des enfants laisse pour le moins à désirer. Ils ne peuvent pourtant pas ignorer que mentir est quelque chose de mal et de malhonnête, nous ne cessons de leurs répéter constamment ! Pourtant, et malgré le fait qu’à cette âge ils ne s’intéressent encore que fort peu à la politique, ils savent parfaitement utiliser le mensonge pour parvenir à leurs fins, ou dissimuler leurs méfaits.

Heureusement que la nature est bien faite et que l’amour que nous portons à ces chers bambins aveugle notre sens critique. Mais aussi que nous nous devons de leur prêter assistance (au minimum) jusqu’à leur majorité. Car si ils sont capables de nous faire fondre d’un mot doux ou d’une larme versée, ils excellent aussi à mettre en pratique six des sept péchès capitaux (le septième ne pouvant les intéresser que passé l’adolescence, heureusement). Tout cela dans la plus parfaite candeur caractéristique de leur âge, abusivement traité de tendre.

Viendra un jour pourtant ou la nature reprendra ses droits, à cause, ou parfois en dépit de l’éducation et de la religion. Car il semble que l’humanisme se trouve aussi chez certains animaux : http://www.lepoint.fr/culture/interview-frans-de-waal-de-l-empathie-animale-aux-religions-humaines-30-10-2013-1749855_3.php ). Nos enfants auront intégré alors la société. Refrénant, et pour certains travestissant, leurs plus vils instincts. Ils seront alors devenus adultes… et auront perdu leur innocence.
Matt King

Même si l’événement paraît moins dramatique que les attentats terroristes perpétraient au seing de nos démocraties, il semble pourtant tout aussi tragique pour leurs survies.

En effet, une démocratie est un équilibre fragile où une partie de la population accepte de se soumettre aux choix d’une autre partie parce qu’elle représente la majorité. Et donc de se soumettre aux élus qui ont été choisis pour mettre en application ces choix. Mais si ces choix sont étonnamment respectés, preuve que la tolérance est, contrairement aux apparences, une caractéristique de l’être humain, il faut aussi que ce respect puisse s’appliquer à nos gouvernants.

Comment cela pourrait il être le cas avec Francois Fillon, candidat aux prochaines élections présidentielles françaises, après avoir vu le reportage du magazine Envoyé Spécial ( https://www.youtube.com/watch?v=AlBtR-7xrik ).

Quelle que soit la décision que la justice française prendra au sujet de la réalité de l’emploi de son épouse Pénélope, le mal est indéniablement fait. Car enfin, que la justice conteste ou non l’existence de cette emploi, que pouvons nous penser d’un travail dont personne ne se souvient, à commencer par la principale intéressée elle même. L’immense majorité d’entre nous sait combien il est laborieux, justement, de gagner sa vie. On ne peut donc que s’étonner, au vu de la somme perçue par l’intéressée (près de 900 000 €), que Madame Fillon ne se souvienne plus de ce qu’elle a fait pour la mériter.

L’hebdomadaire Le Point a aussi souligné dans un article naïvement intitulé « L’autre révélation du documentaire d’Envoyé Spécial » ( http://www.lepoint.fr/presidentielle/l-autre-revelation-du-documentaire-d-envoye-special-03-02-2017-2102213_3121.php ) le témoignage de Martine Crnkovic, maire de la petite ville de Louailles, un village proche de Sablé-sur-Sarthe, fief de François Fillon. Naïvement parce que des personnes comme Madame Crnkovic il y en a beaucoup plus que l’on ne croit. Des personnes dévouées à leur communauté et qui respecte autant la fonction que l’argent public qu’elles ont à gérer. Ce sont d’ailleurs ces mêmes personnes que l’élite politique prend en exemple lorsque on l’attaque sur ces privilèges. Mais effectivement, comme on ne les entend pas souvent s’exprimer, il est poignant de voir cette Dame profondément désœuvrée par ces révélations. Peut être tout simplement aussi parce qu’elle ne comprend pas qu’elle donne autant de sa personne pour gagner 3 fois moins que Madame Fillon qui s’ennuyait autant. Et qu’elle se demande aussi pourquoi on défraie le salaire d’assistants à certains députés qui n’en ont manifestement pas besoin.

Monsieur Fillon lui, pris la main dans le pot à confiture, continue de nier l’évidence, l’indécence de son comportement. Et si au fond les hommes politique qui nous gouvernent n’étaient que de grands enfants ?
Matt King

P.S. : À J+15 Donald Trump aura eu raison des optimistes les plus forcenés (voir https://aroundfifties.wordpress.com/2017/01/29/j-9/ ) en signant deux décrets préparant une nouvelle déréglementation bancaire ( http://www.latribune.fr/economie/international/trump-lance-la-dereglementation-bancaire-wall-street-applaudit-635936.html ). Mais pouvait on réellement s’y attendre ?  Certes il avait annoncé la couleur, mais pour une fois qu’un Président tient ses promesses électorales !