Archives de mai, 2012

J’étais invité l’autre soir par un cousin que je n’avais pas vu depuis longtemps. De peu d’années plus âgé que moi, il est professeur en faculté. Évoquant ses élèves, nous en sommes venus à parler des jeunes, de leurs attitudes, de leurs craintes, de leurs aspirations.

Et c’est ce soir là que j’ai pris conscience que nous parlions des jeunes comme nous aurions pu parler des vieux (pardon, des personnes âgées, ménageons notre avenir). Que nous ne faisions plus parti de cet univers, que nous étions entrés dans celui des Aroundfifties.

Vous pourriez me dire (si seulement vous aviez déjà lu ce blog !), et sans faire manque de tact, que cela fait déjà un moment que c’est le cas. Il y a bien eu, c’est vrai, quelques indices annonçant la nouvelle. D’abord les éléments objectifs : les cheveux blancs ou la vue qui baisse. Les deux se conjuguant on peut toujours prétendre ne pas s’en être rendu compte. Ensuite il y a cet incompréhension, ce décalage que l’on ressent face à l’évolution technologique. C’est du moins ce que l’on peut croire avec le développement de Facebook et autre Tweeter. Mais ce n’est en fait pas du tout le progrès scientifique qui est en cause car on arrive très bien à s’adapter aux smartphones et autres tablettes numériques. Non en fait la cause est bien plus grave. Ce n’est pas qu’on ne comprend pas comment s’en servir (je consulte mon compte tout les jours), mais à quoi ça sert (et je ne sais toujours pas pourquoi !).

D’autres preuves sont plus difficile à nier. Comme se retrouver le plus vieux dans son atelier théâtre. Ou fêter le départ en retraite d’une cousine germaine (Comme je me souviens encore comment tu brandissais fièrement ton Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré ! – Mais c’est vrai qu’à cette époque on était fier d’aller enseigner aux lycée).

Enfin, et c’est sans doute le plus grave, à nos âges on fini par accepter les injustices de notre monde et de notre société. Afin sans doute de ne pas contrarier la puissance divine qui en serait à l’origine. Il est plus prudent dorénavant de ne pas la chagriner !

Matt King